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L’autre jour, en se promenant dans la future galerie de l’Eau, une de mes collègues a vu quelque chose d’assez inhabituel. Dans l’aquarium d’eau douce, elle a vu un achigan à grande bouche avalé un mené émeraude AU COMPLET !! Il était dans sa bouche et on voyait encore sa queue sortir ! Le repas était presque aussi gros que celui qui mangeait.
Donc, n’ayant pas un gosier assez gros pour avaler la proie complète et ne possédant pas le bon sens de recracher la pauvre créature, l’achigan se promenait tranquillement dans l’aquarium avec un mené sortant de sa couche. Quelles manières !!
Après quelques temps, elle s’inquiétait pour la sécurité de ce poisson assez gourmand. Combien de temps pouvait-il vivre avec un poisson pris dans sa gorge ? Mais, notre merveilleuse technicienne aux soins des animaux a tôt fait de la soulager en lui disant que cette bête n’était pas en danger. L’achigan va se promener de cette façon en laissant le temps au mené de se décomposer complètement. Cette décomposition n’affectera pas les autres spécimens vivant dans cet environnement. Alors, tout le monde sera sain et sauf. À l’exception de ce petit mené émeraude …
Avec les trois aquariums qui s’en viennent dans la galerie de l’Eau, vous pouvez vous demander d’où viennent tous les poissons qui s’y trouveront. En fait, pour l’aquarium d’eau douce, nos techniciens vont à la pêche ici même, à Ottawa. Plus récemment, ils sont allés à l’Île Petrie, à l’est de la ville. De cet endroit, ils ont pu revenir avec une bonne quantité de poissons, tels des mariganes noires et des perchaudes. Lorsqu’ils vont à la pêche, ils utilisent seulement des filets afin d’éviter d’endommager les poissons. Malgré les précautions prises, il arrive que les poissons qu’ils pêchent aient déjà des marques d’hameçon. Ces poissons sont tout de même ramenés au musée. Ils sont mis sous observation afin de voir s’ils se remettent bien de leurs blessures dans leur nouvel environnement. Ceux qui ne s’en remettent pas complètement ne seront probablement pas dans l’exposition.
Une fois arrivés au musée, les poissons doivent commencer un processus d’acclimatation. Dans la Rivière des Outaouais, l’eau est habituellement autour de 4 ou 5 degrés alors que l’aquarium d’eau douce sera plus ou moins à 15 degrés. Les poissons doivent donc d’habituer à ce changement de température. D’abord, les poissons restent dans la glacière de départ à laquelle est connecté un tube qui distribue de l’eau et de l’oxygène plus chaud. L’eau de la glacière se réchauffe donc tranquillement. Au bout de quelques heures, les poissons se retrouvent dans une eau tempérée comme l’aquarium d’eau douce et ils ont l’air plus en santé qu’avant ! Un autre petit truc, pour aider les poissons à s’habituer au changement de température, est de fermer les lumières. Trop de luminosité pourrait amener du stress chez ces petites créatures.
De la glacière, ils déménageront dans un réservoir de quarantaine. Ils resteront dans ce réservoir quelques semaines afin de s’assurer qu’ils n’ont pas de maladies ou de bactéries qui pourraient infecter les autres spécimens. Une fois que les techniciens sont assurés que les poissons sont en pleine santé et ne présentent plus de danger pour les autres, ils déménagent encore, cette fois vers leur « maison » permanente, l’aquarium d’eau douce dans la galerie. Bien que ce processus prenne du temps et que les spécimens doivent s’habituer à la vie de musée, les poissons ne sont pas achetés dans une animalerie ou d’un fournisseur. Ils représentent très bien la biodiversité de notre belle région !
Le Canada au fil des eaux est la plus récente exposition itinérante préparée par le Musée canadien de la nature avec la collaboration de nombreux partenaires dont le Réseau canadien de l’eau. Avant de partir en tournée à travers le pays, l’exposition est présentée du 6 novembre 2009 au 3 janvier 2010 au Musée à Ottawa.
Cette exposition est divisée en cinq sections principales présentant les principaux habitats aquatiques que l’on retrouve au Canada, c’est-à-dire: les lacs, les océans, les rivières, les estuaires et les lieux humides. Chacune de ces sections se présente sous forme d’un îlot comportant une vitrine dans laquelle sont exposés des animaux caractéristiques du milieu traité et où l’on recrée leur environnement naturel.
Cette exposition m’a particulièrement plu étant donné les nombreux dispositifs interactifs et jeux qui permettent aux jeunes de tous âges de tester leurs connaissances. Des vidéos accompagnent également les textes et permettent de découvrir la richesse des écosystèmes aquatiques et d’en apprendre davantage sur la faune et la flore canadienne.
Alors, en attendant l’ouverture de la nouvelle Galerie de l’Eau en mai, venez visiter cette exposition temporaire qui vous donnera un bref aperçu des splendeurs et mystères qui se cachent dans les fonds marins. Faites vite, vous avez jusqu’au 3 janvier!






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