Archive de Tag pour ‘galerie de l’eau’.
Le 8 juillet 2010, une équipe multidisciplinaire a quitté le port d’Halifax pour une mission qui consistait notamment à explorer une région jamais visitée auparavant : le fond océanique des grandes profondeurs. Pour atteindre les grands fonds au large du plateau continental de la côte Est du Canada, ces scientifiques marins ont eu recours à un véhicule contrôlé à distance baptisé ROPOS.
Je m’appelle Jean-Marc Gagnon et suis gestionnaire en chef de la collection des invertébrés au Musée canadien de la nature. J’étudie les communautés marines des fonds meubles depuis plusieurs années, donc les vidéos en direct prises lors de cette exploration m’intéressent beaucoup.
J’ai pensé que cette expérience ne manquerait de plaire au public. Je me suis donc organisé avec l’équipe de scientifiques pour recevoir en direct par satellite et Internet les séquences vidéo prises par le submersible et pour les présenter à la Galerie Eau Bleue RBC du Musée canadien de la nature. J’ai assuré l’interprétation sur les lieux et ai communiqué régulièrement avec l’équipage scientifique du navire grâce à Skype.

Itinéraire original de l’expédition au large de la côte est du Canada à bord du NGCC Hudson. L’exploration du site 5 (Tobin’s Point) a été annulée en raison d’une succession de retards imprévus. © MPO
Au cours de leur croisière scientifique de 21 jours, l’équipe a exploré trois régions : Le Goulet, au large du Plateau néo-écossais, le Bonnet flamand, à la pointe du Grand Banc de Terre-Neuve, et l’Orphan Knoll, au nord-est du Grand Banc. Au musée, on a surtout présenté les vidéos provenant du Bonnet flamand et de l’Orphan Knoll. La plupart des plongées ont été effectuées à des profondeurs allant de 2000 à 3000 mètres le long du talus continental.
Dans le prochain blogue, nous observerons les communautés peuplant ces eaux profondes.
Maintenant que la partie principale de la galerie est installée, il est temps de l’aménager avec les autres éléments importants de la galerie. Même si Tallulah était l’élément le plus compliqué à installer, il y a une panoplie d’autres petits aspects de la galerie qui peuvent présenter des défis aussi grands. Le focus doit alors être à des centaines de places en même temps au lieu d’être simplement autour de Tallulah et de ses os. Un des projets sur lesquels travaille maintenant l’équipe des expositions est l’installation de modèles géants de divers animaux marins tels que l’espadon, le requin, le beluga et le môle (poisson lune). De plus, ils font des essais de sons pour les différents systèmes, ils installent des vitrines tout autour de Tallulah qui montreront plusieurs spécimens aquatiques (en plus d’être éducatifs, ces dernières serviront de barrière entre le public et Tallulah, pour tous ceux qui seraient tentés de la toucher) et ils accrochent plusieurs panneaux d’information. Bref, ils ajoutent peu à peu les éléments entourant la pièce de résistance, notre belle baleine. Dans la dernière semaine, il y a eu énormément de progrès dans la galerie de l’Eau et tout commence tranquillement à se mettre en place pour enfin arriver au produit final. Cela est une très bonne chose puisqu’il reste moins de deux mois avant la réouverture. C’est le sprint final!!
En plus de notre merveilleuse Tallulah et de nos deux aquariums, il y aura un vivarium avec deux adorables tortues ponctuées. Ces tortues nous sont venues de l’Éco-Centre de Montréal. Ces tortues, qui peuvent vivre très longtemps, sont fascinantes. Lors de ma visite au centre des soins pour animaux vivants, j’ai remarqué qu’une des tortues était en train de se faire bronzer, sous la lampe. Eh bien, elle ne se faisait pas du tout bronzer, elle digérait! En effet, lorsqu’elles mangent, elles doivent se mettre au soleil afin de digérer la nourriture qu’elles ont ingérée. Elles métabolisent leur nourriture. Assez unique comme processus!
Le vivarium dans lequel elles vivront est maintenant en construction. Tout comme la construction d’une maison, il y a des étapes à suivre. D’abord, il faut trouver la bonne grandeur pour les deux tortues. Ensuite, à l’aide de différents matériaux, il faut modeler une fondation qui leur sera confortable. Enfin, on y ajoute tous les éléments naturels qui feront en sorte que les tortues se sentent comme dans leur habitat naturel. De plus, lors de la construction du vivarium, nos techniciens voulaient s’assurer que tous les éléments nécessaires, incluant la lampe, soient inclus dans le vivarium afin d’éviter toute obstruction au dessus de celui-ci. Ci-dessous, il y a une photo de ce à quoi ressemble le vivarium maintenant, il faudra attendre un peu et nous allons voir tout le progrès fait par nos techniciens!
Tous les efforts des concepteurs de l’exposition de l’Eau ont enfin porté fruit ! Tallulah est enfin assemblée complètement dans un seul endroit et elle est spectaculaire. L’effet « wow » voulu par les concepteurs est complètement réussi. À elle seule, elle est devenue la pièce centrale d’une galerie, qui sera, à mon avis, inoubliable. À vous d’en juger, après le 22 mai, lorsqu’il vous sera possible de venir la visiter !
Maintenant que toutes les pièces sont dans la galerie, il est temps de mettre chacun des éléments ensemble. Même pour les personnes travaillant sur l’exposition, cette perspective est très excitante puisque ce sera la première fois que la baleine sera assemblée dans une seule salle. Ce processus est assez long. En y allant petit bout, par petit bout, le tout se déroule quand même très bien. Comme n’importe quel projet, il a certains petits accrochages. D’abord, lors de la suspension de certaines vertèbres, les fils les soutenant ont dû être déplacés afin d’assurer un meilleur soutien. La difficulté est que, parfois, il faut déplacer plusieurs fils à la fois, donc cela demande beaucoup de coordination et de travail d’équipe. Étant donné que Tallulah s’est échouée sur une plage, il n’a pas été possible de retrouver l’ensemble de son squelette. Par contre, un très grand pourcentage de ses os fut retrouvé, entre 90 et 95%, ce qui est énorme pour un squelette de sa grandeur.
Les os qui manquaient ont alors été remplacés par des modèles qu’ont construit nos techniciens de l’exposition. Il manquait quelques côtes, des vertèbres et un os nasal. À vous de voir, si vous allez être capable de faire la différence lors de votre visite!
L’assemblage du squelette se fait étape par étape. Ils ont commencé avec le crâne qu’ils ont mis sur un support (qui sera en grande partie dissimulé à l’aide de panneaux d’information). Vu que le reste du squelette est accroché au plafond, il est normal de se demander pourquoi le crâne ne l’est pas. La raison est pourtant relativement simple, il est trop lourd pour être suspendu! Comme il est possible de remarquer, le crâne est en deux morceaux. Cela s’explique par le fait qu’elle avait seulement entre 4 et 6 ans lorsqu’elle est décédée, son crâne n’a donc pas eu le temps de se fusionner complètement. Cela s’est révélé être une très bonne nouvelle lorsqu’ils ont déménagé les os. Imaginez-vous en train d’essayer de déplacer un crâne de cette grandeur! Après ils sont passés aux vertèbres qu’ils accrochaient du plafond. Ensuite, ils auront à mettre les côtes. D’abord, ils ont construit un support sur lequel les accrocher afin qu’elles ne bougent pas. Celles-ci ont été pré-percées afin qu’elles entrent parfaitement sur le support et elles ont des petits crochets pour l’accrocher à sa colonne vertébrale. Le tout s’en vient très rapidement. Ne manquez pas les prochains articles, car il y aura très bientôt des photos de Tallulah complète !
Saviez-vous que? Si Tallulah avait un bébé, il serait environ de la grosseur d’une mini-fourgonnette! Ce n’est pas un petit bébé!!
Notre technicienne aux soins des animaux a eu une petite surprise lorsqu’elle est allée prendre soin de nos petits amis dans l’aquarium d’eau douce. En effet, sur le côté des prédateurs, elle a trouvé des œufs de poissons. Il y avait deux espèces différentes. Notre technicienne a été capable d’identifier une des deux espèces. Les œufs de couleur un peu plus crème et en spirale sont des œufs de perchaude. Lorsqu’elle les a vus, elle a décidé de les changer de côté afin de les protéger. En les mettant avec les poissons plus dociles, elle croyait les mettre à l’abri contre tout danger. Cependant, lorsqu’elle est retournée, un peu plus tard, un de nos « gentils poissons » était en train de grignoter les petits œufs. Elle a donc entrepris de les déménager dans un petit panier flottant, en les mettant ainsi à l’abri. Il ne reste maintenant qu’à attendre et voir ce qui arrivera avec ces œufs.
Le fait que les poissons se sont accouplés montre que l’écosystème de l’aquarium est très bien développé. Cela est une très bonne nouvelle, cela veut dire que les poissons se sentent à la maison et qu’ils sont dans un environnement confortable et sécurisant pour eux. Bref, nous savons maintenant que nos petits poissons se sont bien adaptés dans leur nouveau domicile!
L’assemblage de Tallulah dans la galerie de l’Eau ne sera certainement pas une tâche facile et il commence bien avant son arrivée dans la pièce. En effet, les ossements étaient entreposés dans notre édifice à Aylmer, il a donc fallu déplacer les pièces du casse-tête. Pour ce faire, et pour assurer que tous les morceaux arrivent dans le meilleur état possible à Ottawa, les employés responsables de l’exposition ont construit des supports pour les transporter. Aussi, ils ont utilisé du polystyrène ainsi que du plastique et une très grande quantité de couvertures afin de la protéger lors de son tour de camion.
Environ 2 jours et 4 camions plus tard, Tallulah est enfin arrivée à domicile. Maintenant, il ne restait qu’à partir du sous-sol et de l’amener au deuxième étage. Cela peut sembler simple, lorsque nous pensons à toutes les précautions qu’ils ont dû prendre lors du déménagement, mais au contraire ce n’est pas si simple. En effet, nous ne devons pas oublier que ce n’est pas une petite pièce de l’exposition qui se fait déplacer, mais que c’est bel et bien la pièce principale qui mesure près 65 pieds et qui pèse près de 2-3 tonnes. Donc, monter tout cela dans l’ascenseur n’est pas si facile! De plus, la mâchoire de la baleine est exactement de la même grandeur que l’ascenseur. Avec tous ces obstacles, ils ont tout de même réussi et toutes les pièces du casse-tête sont maintenant dans la galerie et n’attendent qu’à être mises ensemble pour le plus grand plaisir de tous!
L’autre jour, en se promenant dans la future galerie de l’Eau, une de mes collègues a vu quelque chose d’assez inhabituel. Dans l’aquarium d’eau douce, elle a vu un achigan à grande bouche avalé un mené émeraude AU COMPLET !! Il était dans sa bouche et on voyait encore sa queue sortir ! Le repas était presque aussi gros que celui qui mangeait.
Donc, n’ayant pas un gosier assez gros pour avaler la proie complète et ne possédant pas le bon sens de recracher la pauvre créature, l’achigan se promenait tranquillement dans l’aquarium avec un mené sortant de sa couche. Quelles manières !!
Après quelques temps, elle s’inquiétait pour la sécurité de ce poisson assez gourmand. Combien de temps pouvait-il vivre avec un poisson pris dans sa gorge ? Mais, notre merveilleuse technicienne aux soins des animaux a tôt fait de la soulager en lui disant que cette bête n’était pas en danger. L’achigan va se promener de cette façon en laissant le temps au mené de se décomposer complètement. Cette décomposition n’affectera pas les autres spécimens vivant dans cet environnement. Alors, tout le monde sera sain et sauf. À l’exception de ce petit mené émeraude …
Avec les trois aquariums qui s’en viennent dans la galerie de l’Eau, vous pouvez vous demander d’où viennent tous les poissons qui s’y trouveront. En fait, pour l’aquarium d’eau douce, nos techniciens vont à la pêche ici même, à Ottawa. Plus récemment, ils sont allés à l’Île Petrie, à l’est de la ville. De cet endroit, ils ont pu revenir avec une bonne quantité de poissons, tels des mariganes noires et des perchaudes. Lorsqu’ils vont à la pêche, ils utilisent seulement des filets afin d’éviter d’endommager les poissons. Malgré les précautions prises, il arrive que les poissons qu’ils pêchent aient déjà des marques d’hameçon. Ces poissons sont tout de même ramenés au musée. Ils sont mis sous observation afin de voir s’ils se remettent bien de leurs blessures dans leur nouvel environnement. Ceux qui ne s’en remettent pas complètement ne seront probablement pas dans l’exposition.
Une fois arrivés au musée, les poissons doivent commencer un processus d’acclimatation. Dans la Rivière des Outaouais, l’eau est habituellement autour de 4 ou 5 degrés alors que l’aquarium d’eau douce sera plus ou moins à 15 degrés. Les poissons doivent donc d’habituer à ce changement de température. D’abord, les poissons restent dans la glacière de départ à laquelle est connecté un tube qui distribue de l’eau et de l’oxygène plus chaud. L’eau de la glacière se réchauffe donc tranquillement. Au bout de quelques heures, les poissons se retrouvent dans une eau tempérée comme l’aquarium d’eau douce et ils ont l’air plus en santé qu’avant ! Un autre petit truc, pour aider les poissons à s’habituer au changement de température, est de fermer les lumières. Trop de luminosité pourrait amener du stress chez ces petites créatures.
De la glacière, ils déménageront dans un réservoir de quarantaine. Ils resteront dans ce réservoir quelques semaines afin de s’assurer qu’ils n’ont pas de maladies ou de bactéries qui pourraient infecter les autres spécimens. Une fois que les techniciens sont assurés que les poissons sont en pleine santé et ne présentent plus de danger pour les autres, ils déménagent encore, cette fois vers leur « maison » permanente, l’aquarium d’eau douce dans la galerie. Bien que ce processus prenne du temps et que les spécimens doivent s’habituer à la vie de musée, les poissons ne sont pas achetés dans une animalerie ou d’un fournisseur. Ils représentent très bien la biodiversité de notre belle région !
Dans une galerie, il y a une grande quantité d’éléments qui exigent beaucoup de temps de la part nos créateurs, mais qui peuvent vous sembler « facile à faire ». Détrompez-vous, la majorité des présentations prennent beaucoup d’efforts et énormément de réflexion afin de trouver un moyen de présentation efficace, durable, attrayant et peu coûteux qui convient à la galerie ainsi qu’à son style.
Dans le cas de la galerie de l’Eau, plusieurs spécimens seront mis en évidence de différentes manières : certains seront congelés, d’autres seront conservés dans des contenants d’alcool et les autres seront montés dans des vitrines. Chaque façon représente un défi en soit. Par exemple, il y a certaines règles à suivre lorsqu’on travaille avec des substances inflammables, l’alcool dans ce cas-ci. Selon les restrictions, pour une pièce de la grandeur de la galerie de l’Eau, il ne peut y avoir plus de 30 litres d’alcool. Bien que cette quantité soit grande, ce n’est pas assez pour accommoder tous les spécimens que nous désirons mettre dans la galerie. Les chercheurs doivent donc trouver une autre substance adéquate. L’alcool étant le produit parfait pour cette tâche, il est difficile d’atteindre la perfection avec une autre substance. La substance s’approchant le plus de la perfection est l’éthanol. Ils ont décidé de prendre celle-ci puisqu’elle conserve très bien les spécimens, mais elle a quand même un petit désavantage qui est qu’elle s’évapore avec le temps. Il faudra donc être aux aguets afin de s’assurer que le niveau ne descende pas trop !
Maintenant qu’ils ont trouvé les bonnes substances pour conserver les spécimens, il suffit de trouver les bons contenants. Cela représente un tout autre défi en soi ! Les contenants devront être scellé hermétiquement, transparents afin que vous puissiez voir toute l’action qui s’ y passe et ils doivent respecter un certain budget. Les chercheurs font leur recherche et explorent toutes les options afin de trouver le contenant idéal ! Ils ont même fait venir des échantillons de Grande-Bretagne ! Ils n’ont peut-être pas encore trouvé la solution, mais ils le feront certainement avant le 22 mai !!

















Commentaires Récents