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Homarus americanus
Homard d’Amérique
Aussi impressionnant soit-il, ce spécimen n’est pas le plus gros que l’on puisse trouver dans un musée du pays. C’est peut-être le Huntsman Marine Science Centre de St. Andrews, au Nouveau-Brunswick qui détient la palme à cet égard!

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Chacune des grosses pinces d’un homard est spécialisée pour une tâche particulière : l’une sert à couper, l’autre à écraser. Quand il mange, le homard est entouré de morceaux de nourriture, qui ne sont pas perdus pour tout le monde. Voilà pourquoi des cirripèdes se fixent souvent sur les pinces de homard. Bien qu’ils n’en aient pas l’air, les cirripèdes sont également des crustacés. Ils se sont installés là sous forme de larves nageuses et ont abandonné leur vie planctonique pour cette demeure permanente où la nourriture abonde!

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La pièce maîtresse de la nouvelle galerie permanente sur l’eau sera un squelette entièrement articulé de rorqual bleu. Toutefois, l’exposition d’un tel spécimen présente plusieurs difficultés, en plus de celle, évidente, posée par sa taille. Le spécimen que nous préparons n’est pas complet, mais nous ignorons encore quelles sont les pièces manquantes. Il existe une très grande variabilité dans le nombre d’os de la colonne vertébrale et des nageoires. Ce nombre varie selon les baleines. Les techniciens et les chercheurs doivent donc coopérer pour se faire une idée de la façon dont ce squelette doit être monté. Après beaucoup de recherches et de consultations, il a été possible de concevoir un modèle puis de le scanner en trois dimensions. Cette image a été placée dans la galerie dans un rendu en trois dimensions. Les techniciens et les chercheurs ont ensuite tenté de trouver les poses et les emplacements qui conviennent grâce à l’ordinateur. Les techniciens sont actuellement en train de reconstituer les pièces manquantes afin que le squelette puisse être monté et exposé.

A.McDonald

A.McDonald

Clayton Kennedy explique comment il procède.

C’est assez simple. On colle le carton qu’on a au préalable découpé et mis en forme. Une fois que c’est sec, on sculpte et refaçonne avec un couteau aiguisé, puis on couvre de bandelettes de papier trempées dans de la colle APV diluée dans de l’eau. On attend que le modèle sèche puis on le sable et on le peint. C’est une méthode rapide et peu coûteuse préférable à l’utilisation dangereuse et onéreuse des résines.

A.McDonald

A.McDonald

La plupart des squelettes exposés dans les musées comportent des éléments reconstitués qui viennent remplir les vides. Lors d’une prochaine visite, regardez les squelettes de plus près pour détecter les pièces reconstituées.

Je me suis rendue aujourd’hui au module des collections pour voir quel spécimen retenait l’attention des spécialistes. Une heureuse surprise m’y attendait. En effet, j’y découvris Judith Price, la gestionnaire adjointe de la collection d’invertébrés, et Nicole Dupuis, l’élaboratrice du contenu de la Galerie de l’eau, qui avaient disposé des spécimens destinés à être exposés autour du rorqual bleu. Le choix des spécimens qui illustrent le mieux le propos de l’exposition et leur agencement les uns par rapport aux autres dans l’espace disponible constituent une partie importante du travail de conception. Il faut faire de nombreux essais pour en arriver à un résultat satisfaisant. Voici un petit aperçu de ce que vous pourriez bien voir dans la Galerie sous son aspect final.

C.Iburg

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Coronula diadema

Coronule de baleine

CMNPA 1999-0022

Ces crustacés de la taille d’un oeuf ou d’un poing s’abritent sur les rorquals à bosse (on a signalé leur présence également sur les rorquals commun et bleu et sur le grand cachalot), surtout sur les lèvres, les longues rainures de la gorge et les parties génitales.

C.Iburg

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Les coronules commencent leur vie sous forme de larves nageuses et sont capables de « sentir » la proximité d’une baleine lorsqu’elles doivent se fixer. Elles produisent alors des plaques riches en calcium qui entourent leur corps mou (qui a disparu dans ce spécimen). Quand ces plaques se soudent les unes aux autres, cela tire la peau entre les plaques qui sont ainsi en quelque sorte cousues de façon permanente à la baleine. Même si les coronules ne vivent qu’un an ou deux, leurs coquilles demeurent sur l’hôte jusqu’à ce qu’elles soient enlevées d’une façon ou d’une autre.

C.Iburg

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Heureusement, elles ne se fixent qu’en surface de l’épaisse couche de peau et de gras de la baleine. Elles ne lui font aucun mal et profitent simplement des eaux riches en plancton que la baleine recherche.

Les musées sont nés du désir des humains de collecter des objets de leur environnement et de les étudier. Les premiers « cabinets de curiosité » mettaient en valeur les objets les plus beaux, les plus étranges et les plus précieux. Les collections des musées actuels sont bien différentes.

C.Iburg

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Autrefois, on aurait attaché beaucoup d’importance à cette coquille Saint-Jacques sculptée, mais aujourd’hui on collecte les spécimens de mollusques en tant qu’indicateurs du site et du moment où ils ont vécu et on tente de préserver le maximum de caractéristiques du spécimen original pour pouvoir l’étudier.

C.Iburg

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La nouvelle Galerie de l’eau comportera évidemment des aquariums contenant des animaux vivants! Si vous avez déjà eu un poisson rouge, vous pouvez croire que cela ne pose pas de problème. Mais conserver des espèces aquatiques peut se révéler plus difficile qu’on ne l’imagine. C’est ce que j’ai appris en visitant les installations de soins aux animaux vivants du Musée. Nous aimerions vous présenter un « aquarium à vagues », qui reproduit la turbulence d’une zone intertidale. Notre technicienne des soins aux animaux, Stacey Tidman, vient de faire un voyage d’étude pour apprendre comment fonctionne ce type d’équipement.

Je me suis rendue au New England Aquarium pour rencontrer les spécialistes des expositions d’animaux vivants similaires à celles qui nous intéressent pour notre Musée Alors que je prenais des photos de leur aquarium à vagues, un genre de réservoir est descendu et a aspergé d’une bruine salée non seulement la cuve mais aussi mon appareil et moi-même. Je cherche maintenant des spécimens vivants qui se plaisent dans ces environnements turbulents.

Ce sera un véritable processus d’apprentissage. Espérons qu’il ne nous faudra pas un imperméable quand nous mettrons en marche notre propre réservoir!

Diplogonoporus balaenopterae (Lönnberg, 1891) de Balaenoptera acutirostrata (petit rorqual)
CMNPA 1999-0008

C. Iburg

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Ce ténia, ou vers solitaire, se rencontre souvent dans le petit intestin du petit rorqual et du rorqual boréal. Il peut aussi infester les chiens et les humains qui consomment la chair crue infectée de baleine ou de poisson (ces derniers peuvent abriter des larves de nombreux parasites). Comme beaucoup de parasites, le ténia passe par différents maillons d’une chaîne alimentaire pour effectuer les divers stades de sa vie. Les oeufs de Diplogonoporus, éliminés dans les selles de la baleine, sont mangés par de petits crustacés appelés copépodes, au sein desquels ils éclosent. Ces derniers sont mangés par de petits poissons lesquels sont souvent filtrés par les fanons de baleines comme le petit rorqual.

C. Iburg

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Concevoir une galerie sur un thème aussi important et vaste que l’eau pose certains problèmes. Celui de choisir les sujets à traiter et à laisser de côté n’est pas des moindres. L’élaboratrice de contenu de nos expositions, Nicole Dupuis, explique les choix difficiles auxquels elle est confrontée :

Quand vient le moment de décider des spécimens à exposer dans une galerie, on pourrait croire qu’une abondante collection à partir de laquelle choisir constitue un avantage. Mais s’il vous est arrivé de devoir choisir un savon à lessive dans un étalage en contenant une multitude, vous comprendrez qu’un choix trop grand devient un casse-tête.

C.Iburg

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La nouvelle Galerie de l’eau présente un long ruban de vitrines entourant le squelette géant d’un rorqual bleu. Cette section illustre la diversité des formes de vie qu’abrite l’océan : planctons microscopiques, algues sinueuses, méduses vaporeuses, étoiles de mer somptueuses, poissons monstrueux des profondeurs, crustacés épineux, mammifères aux formes carénées et ainsi de suite. Imaginez un instantané de la biodiversité marine.

On a recensé jusqu’à présent de 200 000 à 300 000 espèces marines dans le monde. La collection du musée comprend des centaines de milliers de spécimens : des squelettes, des spécimens entiers séchés, d’autres conservés dans des bocaux ainsi que des modèles. Il n’a pas été aisé d’en arriver à une sélection qui puisse entrer dans six vitrines, même si celles-ci sont spacieuses.

D’accord, ce n’est pas facile. Mais comment faites-vous pour choisir si peu de spécimens parmi quelque 300 000? Je ne saurais pas par où commencer ! Heureusement, Nicole a un système.

Pour nous guider dans notre choix, nous avons établi quelques critères :
- Se concentrer sur les espèces canadiennes, qui sont celles que nous connaissons le mieux.
- Présenter un échantillon de tous les grands groupes d’espèces, plutôt que de tenter d’être exhaustifs. Le but est de montrer la diversité non de fournir une liste taxonomique exacte.
- Être opportuniste : choisir les spécimens qui présentent une histoire intéressante, qui sont faciles à exposer, qui sont beaux à regarder et qui peuvent supporter des conditions d’exposition difficiles (lumière vive, etc.).

C.Iburg

C.Iburg

 

 

Le choix définitif n’est pas facile. À titre d’élaboratrice de contenu, je me fie beaucoup sur les chercheurs, le concepteur d’exposition et le personnel des collections pour faire le bon choix.

Lentement mais sûrement, nous trouvons les spécimens qui donneront vie au propos de la Galerie de l’eau.

Je suis sûre que l’expo fournira un instantané saisissant de ces 300 000 espèces! J’ai hâte de voir ce qui sera choisi. Je regarderai maintenant d’un autre œil les articles exposés dans les galeries du Musée.

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