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L'achigan mange le méné émeraude.

L'achigan mange le méné émeraude.

L’autre jour, en se promenant dans la future galerie de l’Eau, une de mes collègues a vu quelque chose d’assez inhabituel. Dans l’aquarium d’eau douce, elle a vu un achigan à grande bouche avalé un mené émeraude AU COMPLET !! Il était dans sa bouche et on voyait encore sa queue sortir ! Le repas était presque aussi gros que celui qui mangeait.

Donc, n’ayant pas un gosier assez gros pour avaler la proie complète et ne possédant pas le bon sens de recracher la pauvre créature, l’achigan se promenait tranquillement dans l’aquarium avec un mené sortant de sa couche. Quelles manières !!

Après quelques temps, elle s’inquiétait pour la sécurité de ce poisson assez gourmand. Combien de temps pouvait-il vivre avec un poisson pris dans sa gorge ? Mais, notre merveilleuse technicienne aux soins des animaux a tôt fait de la soulager en lui disant que cette bête n’était pas en danger. L’achigan va se promener de cette façon en laissant le temps au mené de se décomposer complètement. Cette décomposition n’affectera pas les autres spécimens vivant dans cet environnement. Alors, tout le monde sera sain et sauf. À l’exception de ce petit mené émeraude

Dans une galerie, il y a une grande quantité d’éléments qui exigent beaucoup de temps de la part nos créateurs, mais qui peuvent vous sembler « facile à faire ». Détrompez-vous, la majorité des présentations prennent beaucoup d’efforts et énormément de réflexion afin de trouver un moyen de présentation efficace, durable, attrayant et peu coûteux qui convient à la galerie ainsi qu’à son style.

Dans le cas de la galerie de l’Eau, plusieurs spécimens seront mis en évidence de différentes manières : certains seront congelés, d’autres seront conservés dans des contenants d’alcool et les autres seront montés dans des vitrines. Chaque façon représente un défi en soit. Par exemple, il y a certaines règles à suivre lorsqu’on travaille avec des substances inflammables, l’alcool dans ce cas-ci. Selon les restrictions, pour une pièce de la grandeur de la galerie de l’Eau, il ne peut y avoir plus de 30 litres d’alcool. Bien que cette quantité soit grande, ce n’est pas assez pour accommoder tous les spécimens que nous désirons mettre dans la galerie.  Les chercheurs doivent donc trouver une autre substance adéquate. L’alcool étant le produit parfait pour cette tâche, il est difficile d’atteindre la perfection avec une autre substance. La substance s’approchant le plus de la perfection est l’éthanol. Ils ont décidé de prendre celle-ci puisqu’elle conserve très bien les spécimens, mais elle a quand même un petit désavantage qui est qu’elle s’évapore avec le temps. Il faudra donc être aux aguets afin de s’assurer que le niveau ne descende pas trop !

Spécimens en préparation pour l'exposition

Spécimens en préparation pour l'exposition

Maintenant qu’ils ont trouvé les bonnes substances pour conserver les spécimens, il suffit de trouver les bons contenants. Cela représente un tout autre défi en soi ! Les contenants devront être scellé hermétiquement, transparents afin que vous puissiez voir toute l’action qui s’ y passe et ils doivent respecter un certain budget. Les chercheurs font leur recherche et explorent toutes les options afin de trouver le contenant idéal ! Ils ont même fait venir des échantillons de Grande-Bretagne ! Ils n’ont peut-être pas encore trouvé la solution, mais ils le feront certainement avant le 22 mai !!

Contenants venant de la Grande-Bretagne

Contenants venant de la Grande-Bretagne

Au Canada, il y a plusieurs types de cours d’eau. Il est donc important de tous les représenter dans la galerie de l’Eau. Dans cette dernière, un autre aquarium est venu tenir compagnie à l’aquarium d’eau douce, l’aquarium du Pacifique. Les visiteurs pourront voir les différents spécimens vivant dans nos eaux marines à l’intérieur de ces 120 gallons d’eau. L’aquarium sera situé à l’entrée de la galerie. Il suffira de le contourner afin de faire un face à face avec l’énorme squelette de rorqual bleu. En plaçant les items de cette façon, les designers de la galerie souhaitent créer un effet spectaculaire à l’entrée de la galerie.

Aquarium du Pacifique

L'aquarium du Pacifique

Certaines personnes croient qu’il faut aller beaucoup plus au sud afin de voir des spécimens aquatiques colorés et exotiques. Au contraire, dans nos eaux canadiennes, spécialement près de la Colombie-Britannique, il y a plusieurs spécimens d’anémones, d’étoiles de mer extrêmement colorés. À première vue, la vie dans cet aquarium peut paraître très calme. En regardant de plus près, il est possible de voir que les anémones ainsi que les étoiles de mer sont constamment actives dans cette grande étendue d’eau. L’aquarium du Pacifique servira donc à montrer à tous que nous n’avons pas besoin de faire quelques heures d’avion pour voir des environnements sous-marins colorés et magnifiques, il suffit de faire plusieurs heures de voiture dans notre beau pays!

L'intérieur d'un aquarium du Pacifique

L'intérieur d'un aquarium du Pacifique

Avoir un aquarium du Pacifique, avec tous ces spécimens, permet de voir des phénomènes marins que nous ne voyons pas tous les jours. Une collègue a eu la chance de voir notre technicienne des soins des animaux nourrir une étoile de mer. Ce phénomène est assez spectaculaire. Avec sa bouche, située sur ce que l’on pourrait appeler son ventre, elle fait un trou sur la coquille de la moule puis elle sort son estomac afin de digérer la partie succulente de la moule.

Une étoile de mer qui se régale d'une moule.

Une étoile de mer qui se régale d'une moule.

Voici donc une autre addition à la galerie de l’Eau qui permettra de la rendre beaucoup plus intéressante et attrayante.

La nouvelle galerie de l’Eau contiendra plusieurs spécimens vivants, qui habitent dans divers habitats. Il y aura un habitat de tortues, l’aquarium d’eau douce et l’aquarium du Pacifique. Les spécimens qui se retrouveront dans la galerie sont pour la majorité, déjà au musée. Être le centre d’attention de centaines de spectateurs dans une journée demande beaucoup de pratique! Les animaux doivent donc s’habituer aux différents éléments de la vie de vedette tels le bruit, les cris d’enfants, la lumière, etc.

Depuis plus d’un an, deux tortues ponctuées relaxent et se la coulent douce dans la pièce des soins des animaux. Ces tortues viennent de L’Éco-centre de Montréal. Ces espèces vivent dans les eaux douces de l’Ontario et du Québec. Il est possible de les trouver dans des eaux peu profondes et parfois même des marécages. Cette espèce de tortues atteint l’âge de maturité sexuelle entre 11 et 15 ans et elles peuvent vivre jusqu’à un maximum de 110 ans! Les tortues que nous avons ont seulement un peu plus d’un an. Elles pourraient donc être ici pour un autre centenaire.

Les deux tortues ponctuées qui feront partie de l'exposition.

Les tortues ponctuées qui vivront bientôt dans la galerie de l'Eau.

Il a fallu que les tortues s’adaptent à un nouvel environnement et à une nouvelle diète. De nature, ces tortues sont très timides avec les gens. Si tu en rencontres une à ton chalet, il est fort possible qu’elle décide de se cacher dans la boue pendant quelques jours voire même quelques semaines! Elles doivent donc s’habituer aux gens. De plus, les techniciens du musée qui s’occupent d’elles les nourrissent avec ce qu’ils retrouveraient dans la nature donc des petits poissons, des vers, etc.

Les deux futures vedettes de la galerie de l'Eau.

Les deux futures vedettes de la galerie de l'Eau.

Les tortues ponctuées font partie des espèces qui sont en voie de disparition. La principale raison pour cela est qu’elles ne seront jamais très grosses (la grosseur qu’elles ont maintenant est environ le maximum) ainsi elles sont parfaites pour être des petits animaux de compagnie. Les tortues venant de l’Éco-centre n’ont jamais été dans la nature, elles ont donc été élevées en captivité. Elles ne survivraient probablement pas dans la nature pour cette raison. En étant dans un musée, cela leur permet de survivre et de contribuer à l’éducation des gens!

Le point saillant de la Galerie de l’eau, une nouvelle exposition permanente du Musée canadien de la nature qui ouvrira ses portes en mai 2010, est sans conteste le squelette d’un véritable rorqual bleu (plus connu sous le nom de baleine bleue), le plus gros animal ayant existé sur terre. Trônant en plein centre de la Galerie, ce spécimen aux dimensions impressionnantes nécessite une préparation particulière avant de pouvoir être exposé. Ainsi, depuis plusieurs mois, des techniciens du Musée travaillent à reconstituer ce casse-tête tout particulier. Aujourd’hui, j’ai eu la chance d’aller voir comment se porte notre chère Tallulah et de pénétrer dans l’atelier de travail où les techniciens préparent le crâne de la baleine.

Le crâne de la baleine

Le crâne de la baleine dans l'atelier de travail

Au moment où je suis arrivée dans l’atelier de travail des collections, les techniciens étaient occupés à scier de petites sections des os du crâne de la baleine. Vous vous demandez sans doute pourquoi. Je dois avouer que je me suis posé exactement la même question. Est-ce qu’on ne doit pas monter le squelette de la baleine plutôt que de le découper en plus petits morceaux?

En fait, il faut savoir que Tallulah est une jeune baleine d’environ 5 ou 6 ans qui serait vraisemblablement décédée suite à une collision avec un navire. En effet, lorsqu’elle a été retrouvée sur le bord de la mer, plusieurs des vertèbres de son dos et de sa queue étaient complètement écrasées et c’est ce qui aurait causé sa mort.

Or, puisqu’il s’agit d’une jeune baleine, les os de son crâne n’étaient pas encore parfaitement soudés ensemble au moment de sa mort. Ce qui complique donc légèrement le travail des techniciens chargés de reconstituer le squelette puisque les pièces du puzzle ne s’emboîtent pas parfaitement.  D’où le recours à la scie électrique pour ajuster certains éléments.

Une partie du crâne qui n'était pas encore soudée au moment du décès de l'animal

Une partie du crâne qui n'était pas encore soudée au moment du décès de l'animal

Tout en reconstituant le crâne de Tallulah, les techniciens doivent également garder en tête que les diverses pièces du squelette devront quitter l’Édifice du patrimoine naturel (ÉPN) de Gatineau pour ensuite être installées dans l’espace d’exposition de l’Édifice commémoratif Victoria à Ottawa. En d’autres termes, ils ne peuvent pas tout de suite rattacher ensemble toutes les pièces du casse-tête afin de s’assurer qu’elles pourront passer à travers les portes doubles de l’atelier, puis celles de l’ÉPN pour finalement arriver à Ottawa. Ainsi, les immenses mâchoires inférieures de la baleine n’ont toujours pas été rattachées au reste du crâne et attendent patiemment dans les collections du Musée d’être transportées et finalement exposées en mai prochain.

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Homard d’Amérique
Aussi impressionnant soit-il, ce spécimen n’est pas le plus gros que l’on puisse trouver dans un musée du pays. C’est peut-être le Huntsman Marine Science Centre de St. Andrews, au Nouveau-Brunswick qui détient la palme à cet égard!

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Chacune des grosses pinces d’un homard est spécialisée pour une tâche particulière : l’une sert à couper, l’autre à écraser. Quand il mange, le homard est entouré de morceaux de nourriture, qui ne sont pas perdus pour tout le monde. Voilà pourquoi des cirripèdes se fixent souvent sur les pinces de homard. Bien qu’ils n’en aient pas l’air, les cirripèdes sont également des crustacés. Ils se sont installés là sous forme de larves nageuses et ont abandonné leur vie planctonique pour cette demeure permanente où la nourriture abonde!

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La nouvelle galerie permanente qu’abritera le Musée à Ottawa représente le volet principal du Projet de l’eau et le squelette authentique et complet d’un rorqual bleu sera le clou de cette galerie. Le squelette atteindra presque 20 m (65 pi) de longueur! Quelle expérience de se tenir au pied d’un tel géant. J’ai hâte de voir cela.

A. McDonald

A. McDonald

L’arrivée d’un spécimen de ce gabarit requiert beaucoup de travail. Les techniciens ont coutume de baptiser le nouveau venu, c’est une tradition dans le milieu des Musées. Notre rorqual bleu s’appelle Tallulah. Personne ne sait d’où lui vient ce nom, mais il est là et restera.

J’ai pensé vous raconter l’histoire de Tallulah, d’où elle vient et comment elle a atterri au Musée. Voici l’histoire officielle :

Cette baleine s’est échouée sur la plage de Codroy, près du cap Anguille, à Terre-Neuve. Un marché a été passé pour qu’elle y soit dépecée du 22 avril au 10 mai 1975. Il s’agissait d’une femelle non adulte.

Le squelette est arrivé à Ottawa par train avec tout le reste du matériel. Les os encore huileux ont été déchargés à l’édifice de la rue Catherine du Musée national des sciences naturelles (MNSN) et le wagon de bois, brûlé par la compagnie ferroviaire aux frais du MNSN.

Les baleines contiennent énormément de gras et quand l’animal meurt cette graisse se met à rancir. Si vous avez déjà senti du gras rance, vous savez ce que c’est! Mais le pire, c’est que cette odeur nauséabonde ne s’en va pas! Je préfère ne pas imaginer la puanteur qui a dû se dégager de ce wagon en flamme.

Le personnel s’est vite rendu compte qu’il fallait agir rapidement et il fut décidé d’ensevelir les restes au plus vite dans une pépinière de la CCN sur la route Russell dans un sol sablo-argileux, où ils sont demeurés pendant huit ans.

Pour que les bactéries du sol puissent faire leur travail, certaines conditions doivent être respectées. Mais d’après ce que j’ai compris, l’endroit où Tallulah a été enterrée ne remplissait pas ces conditions. En effet, lorsqu’on a déterré le squelette, beaucoup d’huile et de gras subsistait sur les os. La puanteur n’avait pas disparu! Si nous voulions un jour exposer le squelette, il nous fallait trouver un moyen de le nettoyer

Lors de la phase de préparation de la Galerie de l’eau, on a reconnu que (…) le squelette du rorqual bleu n’était pas en état d’être présenté au public. Pour déshuiler le squelette à moindre frais tout en répondant aux normes de sécurité et à celles du SIMDUT, il fallait vraisemblablement recourir à un bain aux enzymes. Le squelette se trouve actuellement dans deux réservoirs, l’un de1000 litres et l’autre de 6000 litres; il baigne dans un nettoyant commercial à enzymes et des enzymes pancréatiques (lipases) ou est aspergé de ces liquides. Il y restera à la température de 50-55 degrés Celsius pendant plusieurs mois. C’est la quatrième baleine à subir ce traitement après deux à Londres et une à Copenhague. (Dans le cas qui nous occupe) la difficulté est plus grande puisque la baleine est plus volumineuse (trois fois la taille des autres) avec une longueur de 19,8 mètres et un poids de 2,3 tonnes et que l’huile date maintenant de 32 ans. D’autres musées d’histoire naturelle suivent avec intérêt notre projet et ses éventuelles applications.

A. McDonald

A. McDonald

Tallulah est maintenant submergée dans d’immenses bains d’enzymes qui décomposent les huiles et nettoieront parfaitement les os en vue de l’exposition du squelette. Surveillez les faits nouveaux qui seront affichés!

A. McDonald

A. McDonald

Je me rends de temps à autre dans le module des collections pour voir quels spécimens intéressants les spécialistes préparent en vue de la galerie. Voici mes dernières découvertes.

Judith Price, gestionnaire adjointe de la collection des invertébrés, m’a donné les renseignements suivants sur quelques fascinants spécimens.

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Cancer magister
Crabe dormeur
CMNC 2004-6024
Bien qu’il figure sur les menus sous le nom de crabe dormeur, cet animal possède un nom scientifique tiré du zodiaque : le cancer, qui signifie le crabe. Ce spécimen a été collecté en 1908 à la baie Departure, près de Nanaimo, en Colombie-Britannique. Comme beaucoup de spécimens de l’époque destinés aux musées, il a été séché puis bourré de fibres de coton et monté avec un fil de fer pour lui donner une pose vivante. C’est un bon spécimen pour les expositions. Il pourrait même être plus utile aux chercheurs actuels qui s’intéressent à l’ADN qu’un animal plus récent préparé au formaldéhyde ou à l’éthanol!

L’élaboration d’une exposition itinérante a ses propres exigences, la principale étant précisément qu’elle doit être mobile! On doit pouvoir facilement en monter et démonter les éléments, les placer dans des caisses et les expédier. Enfin, les spécimens doivent être solides. Voilà qui n’est pas aisé quand il s’agit de spécimens préservés dans des liquides — ou spécimens en bocal comme on les appelle souvent. Les liquides utilisés pour les conserver nécessitent des précautions spéciales qui compliquent énormément le transport d’une exposition itinérante. D’un autre côté, exclure ces « bocaux » priverait les visiteurs des spécimens les plus intéressants et d’une expérience inoubliable. Alors quoi faire?

Judith Price, gestionnaire adjointe de la collection des invertébrés du Musée canadien de la nature a peut-être trouvé une solution. Elle vient de tenter des expériences avec ces spécimens : elle en a lyophilisés et a obtenu des résultats incroyables. La couleur manquait comme avec tout spécimen préservé dans une solution, mais la texture était surprenante par son détail.

Judith explique son expérience.

On préserve la plupart des spécimens invertébrés des collections scientifiques à des fins d’étude en les immergeant dans une solution d’alcool ou d’autres substances. Malheureusement, ces liquides sont le plus souvent inflammables de sorte que le service des incendies fixe des limites de sécurité quant à la quantité de ces produits pouvant être utilisée dans un espace public comme la Galerie de l’eau ou une exposition itinérante. Nous avons essayé de lyophiliser certains spécimens afin de voir s’il n’existait pas un meilleur moyen de présenter la diversité de la vie aquatique. Comme les spécimens préservés perdent les couleurs qu’ils arboraient vivants pour prendre une teinte rose fade, cela nous permettrait aussi de les colorer et de leur redonner ainsi un peu de vie en vue de les utiliser dans des dioramas.

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Notre lyophilisateur est surtout utilisé par les chercheurs s’intéressant aux diatomées, ces plantes unicellulaires présentant une coquille siliceuse. Paul Hamilton, un de nos botanistes, a appris à Jean-Marc Gagnon et à moi-même à faire fonctionner la machine (il prétend que c’est facile mais tel n’est pas mon avis!)

Pour le premier essai, Jean-Marc a choisi dans notre collection quelques invertébrés de différentes tailles et de fragilité diverse : des crustacés de taille petite et moyenne (groupe comprenant les homards et les crabes), un ver marin du genre Glycera, quelques petites étoiles de mer et deux petits concombres de mer avec la partie buccale exposée. Ces derniers constituent un bon test de stabilité des tissus mous étant donné leur fragilité.

Nous avons fixé avec de la cire les animaux les plus mous au fond d’un récipient de verre puis les avons couverts d’eau. Ceci avait pour but de leur fournir un support et de réduire la surface de rétrécissement. Puis nous les avons placés dans le lyophilisateur!

Le lyophilisateur agit en pompant le maximum d’air d’un contenant hermétique, ce qui permet à l’eau contenue à l’intérieur du spécimen de mieux s’échapper. L’air passe ensuite dans une chambre à très basse température où la vapeur d’eau s’accumule sous forme d’un bloc de glace pouvant être enlevé ultérieurement.

Nous avions oublié quelque chose : l’eau dans lequel se trouvait le spécimen ne s’est pas transformée en un bloc de glace, elle s’est mise à faire des bulles et à bouillir et, lorsque finalement elle a gelé, elle ressemblait à un tas de neige! En effet, quand la pression de l’air a diminué, le point d’ébullition de l’eau a également baissé (cela se produit aussi quand on est en altitude pour les mêmes raisons). La prochaine fois, nous utiliserons un congélateur normal pour stabiliser les spécimens avant de les mettre au lyophilisateur.

Bien que nous ayons eu une peur bleue jusqu’à ce que cette « neige » s’évapore, l’expérience s’est parfaitement terminée. Tous les spécimens sortirent très bien, mais dépourvus des couleurs des animaux vivants. Notre spécialiste des expositions s’efforcera de les leur rendre en les peignant avant de les installer dans nos nouvelles galeries.

Ces délicats spécimens peuvent maintenant être peints pour ressembler davantage à ce qu’ils étaient de leur vivant. Encore quelques essais et ces spécimens pourront finalement faire partie de l’exposition itinérante!

La pièce maîtresse de la nouvelle galerie permanente sur l’eau sera un squelette entièrement articulé de rorqual bleu. Toutefois, l’exposition d’un tel spécimen présente plusieurs difficultés, en plus de celle, évidente, posée par sa taille. Le spécimen que nous préparons n’est pas complet, mais nous ignorons encore quelles sont les pièces manquantes. Il existe une très grande variabilité dans le nombre d’os de la colonne vertébrale et des nageoires. Ce nombre varie selon les baleines. Les techniciens et les chercheurs doivent donc coopérer pour se faire une idée de la façon dont ce squelette doit être monté. Après beaucoup de recherches et de consultations, il a été possible de concevoir un modèle puis de le scanner en trois dimensions. Cette image a été placée dans la galerie dans un rendu en trois dimensions. Les techniciens et les chercheurs ont ensuite tenté de trouver les poses et les emplacements qui conviennent grâce à l’ordinateur. Les techniciens sont actuellement en train de reconstituer les pièces manquantes afin que le squelette puisse être monté et exposé.

A.McDonald

A.McDonald

Clayton Kennedy explique comment il procède.

C’est assez simple. On colle le carton qu’on a au préalable découpé et mis en forme. Une fois que c’est sec, on sculpte et refaçonne avec un couteau aiguisé, puis on couvre de bandelettes de papier trempées dans de la colle APV diluée dans de l’eau. On attend que le modèle sèche puis on le sable et on le peint. C’est une méthode rapide et peu coûteuse préférable à l’utilisation dangereuse et onéreuse des résines.

A.McDonald

A.McDonald

La plupart des squelettes exposés dans les musées comportent des éléments reconstitués qui viennent remplir les vides. Lors d’une prochaine visite, regardez les squelettes de plus près pour détecter les pièces reconstituées.

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