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Tous les efforts des concepteurs de l’exposition de l’Eau ont enfin porté fruit ! Tallulah est enfin assemblée complètement dans un seul endroit et elle est spectaculaire. L’effet « wow » voulu par les concepteurs est complètement réussi. À elle seule, elle est devenue la pièce centrale d’une galerie, qui sera, à mon avis, inoubliable. À vous d’en juger, après le 22 mai, lorsqu’il vous sera possible de venir la visiter !
Maintenant que toutes les pièces sont dans la galerie, il est temps de mettre chacun des éléments ensemble. Même pour les personnes travaillant sur l’exposition, cette perspective est très excitante puisque ce sera la première fois que la baleine sera assemblée dans une seule salle. Ce processus est assez long. En y allant petit bout, par petit bout, le tout se déroule quand même très bien. Comme n’importe quel projet, il a certains petits accrochages. D’abord, lors de la suspension de certaines vertèbres, les fils les soutenant ont dû être déplacés afin d’assurer un meilleur soutien. La difficulté est que, parfois, il faut déplacer plusieurs fils à la fois, donc cela demande beaucoup de coordination et de travail d’équipe. Étant donné que Tallulah s’est échouée sur une plage, il n’a pas été possible de retrouver l’ensemble de son squelette. Par contre, un très grand pourcentage de ses os fut retrouvé, entre 90 et 95%, ce qui est énorme pour un squelette de sa grandeur.
Les os qui manquaient ont alors été remplacés par des modèles qu’ont construit nos techniciens de l’exposition. Il manquait quelques côtes, des vertèbres et un os nasal. À vous de voir, si vous allez être capable de faire la différence lors de votre visite!
L’assemblage du squelette se fait étape par étape. Ils ont commencé avec le crâne qu’ils ont mis sur un support (qui sera en grande partie dissimulé à l’aide de panneaux d’information). Vu que le reste du squelette est accroché au plafond, il est normal de se demander pourquoi le crâne ne l’est pas. La raison est pourtant relativement simple, il est trop lourd pour être suspendu! Comme il est possible de remarquer, le crâne est en deux morceaux. Cela s’explique par le fait qu’elle avait seulement entre 4 et 6 ans lorsqu’elle est décédée, son crâne n’a donc pas eu le temps de se fusionner complètement. Cela s’est révélé être une très bonne nouvelle lorsqu’ils ont déménagé les os. Imaginez-vous en train d’essayer de déplacer un crâne de cette grandeur! Après ils sont passés aux vertèbres qu’ils accrochaient du plafond. Ensuite, ils auront à mettre les côtes. D’abord, ils ont construit un support sur lequel les accrocher afin qu’elles ne bougent pas. Celles-ci ont été pré-percées afin qu’elles entrent parfaitement sur le support et elles ont des petits crochets pour l’accrocher à sa colonne vertébrale. Le tout s’en vient très rapidement. Ne manquez pas les prochains articles, car il y aura très bientôt des photos de Tallulah complète !
Saviez-vous que? Si Tallulah avait un bébé, il serait environ de la grosseur d’une mini-fourgonnette! Ce n’est pas un petit bébé!!
L’assemblage de Tallulah dans la galerie de l’Eau ne sera certainement pas une tâche facile et il commence bien avant son arrivée dans la pièce. En effet, les ossements étaient entreposés dans notre édifice à Aylmer, il a donc fallu déplacer les pièces du casse-tête. Pour ce faire, et pour assurer que tous les morceaux arrivent dans le meilleur état possible à Ottawa, les employés responsables de l’exposition ont construit des supports pour les transporter. Aussi, ils ont utilisé du polystyrène ainsi que du plastique et une très grande quantité de couvertures afin de la protéger lors de son tour de camion.
Environ 2 jours et 4 camions plus tard, Tallulah est enfin arrivée à domicile. Maintenant, il ne restait qu’à partir du sous-sol et de l’amener au deuxième étage. Cela peut sembler simple, lorsque nous pensons à toutes les précautions qu’ils ont dû prendre lors du déménagement, mais au contraire ce n’est pas si simple. En effet, nous ne devons pas oublier que ce n’est pas une petite pièce de l’exposition qui se fait déplacer, mais que c’est bel et bien la pièce principale qui mesure près 65 pieds et qui pèse près de 2-3 tonnes. Donc, monter tout cela dans l’ascenseur n’est pas si facile! De plus, la mâchoire de la baleine est exactement de la même grandeur que l’ascenseur. Avec tous ces obstacles, ils ont tout de même réussi et toutes les pièces du casse-tête sont maintenant dans la galerie et n’attendent qu’à être mises ensemble pour le plus grand plaisir de tous!
Le point focal de notre merveilleuse exposition de l’Eau sera, sans aucun doute, notre énorme squelette de rorqual bleu nommé Tallulah. Ce rorqual est une femelle âgée de seulement 4 ou 6 ans. Malgré son jeune âge, elle est quand même très grande. D’un bout à l’autre de son corps, elle mesure près de 65 pieds !!! Elle prend donc beaucoup de place. En effet, il a fallu la ranger dans plusieurs pièces différentes puisqu’elle n’entrait pas dans une seule. Elle n’est pas seulement longue, elle est aussi très haute. Si on examine bien sa cage thoracique, on peut remarquer qu’elle mesure près de 12 pieds de haut en partant de sa colonne jusqu’à la fin de sa plus grande côte. Ce n’est pas ce qu’on appelle une petite baleine !
Nous vous parlons souvent de ce gros squelette qui occupe une place très importante dans notre galerie. Il est donc normal que vous vous demandiez, mais d’où vient-il ? Tallulah nous vient de Terre-Neuve. Il y a de ça 30 ans, elle fut retrouvée sur les rivages. Étant donné son jeune âge, il est évident qu’elle n’est pas morte de vieillesse. Nos chercheurs ont une théorie à ce sujet, en se basant sur les blessures qu’elle a reçues sur le haut de sa colonne. Ils croient qu’elle s’est probablement faite happée par un bateau.
Aussi, le sable de plage a endommagé certains os. Donc, lors de l’assemblage du squelette, certains os ne s’assemblaient pas parfaitement en raison de l’érosion qu’ils ont vécue. De plus, la collision a fait en sorte que certaines vertèbres étaient cassées en deux morceaux. Il a fallu que les scientifiques mettent les deux morceaux ensemble à l’aide de tiges de métal.
Le point saillant de la Galerie de l’eau, une nouvelle exposition permanente du Musée canadien de la nature qui ouvrira ses portes en mai 2010, est sans conteste le squelette d’un véritable rorqual bleu (plus connu sous le nom de baleine bleue), le plus gros animal ayant existé sur terre. Trônant en plein centre de la Galerie, ce spécimen aux dimensions impressionnantes nécessite une préparation particulière avant de pouvoir être exposé. Ainsi, depuis plusieurs mois, des techniciens du Musée travaillent à reconstituer ce casse-tête tout particulier. Aujourd’hui, j’ai eu la chance d’aller voir comment se porte notre chère Tallulah et de pénétrer dans l’atelier de travail où les techniciens préparent le crâne de la baleine.

Le crâne de la baleine dans l'atelier de travail
Au moment où je suis arrivée dans l’atelier de travail des collections, les techniciens étaient occupés à scier de petites sections des os du crâne de la baleine. Vous vous demandez sans doute pourquoi. Je dois avouer que je me suis posé exactement la même question. Est-ce qu’on ne doit pas monter le squelette de la baleine plutôt que de le découper en plus petits morceaux?
En fait, il faut savoir que Tallulah est une jeune baleine d’environ 5 ou 6 ans qui serait vraisemblablement décédée suite à une collision avec un navire. En effet, lorsqu’elle a été retrouvée sur le bord de la mer, plusieurs des vertèbres de son dos et de sa queue étaient complètement écrasées et c’est ce qui aurait causé sa mort.
Or, puisqu’il s’agit d’une jeune baleine, les os de son crâne n’étaient pas encore parfaitement soudés ensemble au moment de sa mort. Ce qui complique donc légèrement le travail des techniciens chargés de reconstituer le squelette puisque les pièces du puzzle ne s’emboîtent pas parfaitement. D’où le recours à la scie électrique pour ajuster certains éléments.

Une partie du crâne qui n'était pas encore soudée au moment du décès de l'animal
Tout en reconstituant le crâne de Tallulah, les techniciens doivent également garder en tête que les diverses pièces du squelette devront quitter l’Édifice du patrimoine naturel (ÉPN) de Gatineau pour ensuite être installées dans l’espace d’exposition de l’Édifice commémoratif Victoria à Ottawa. En d’autres termes, ils ne peuvent pas tout de suite rattacher ensemble toutes les pièces du casse-tête afin de s’assurer qu’elles pourront passer à travers les portes doubles de l’atelier, puis celles de l’ÉPN pour finalement arriver à Ottawa. Ainsi, les immenses mâchoires inférieures de la baleine n’ont toujours pas été rattachées au reste du crâne et attendent patiemment dans les collections du Musée d’être transportées et finalement exposées en mai prochain.
La nouvelle galerie permanente qu’abritera le Musée à Ottawa représente le volet principal du Projet de l’eau et le squelette authentique et complet d’un rorqual bleu sera le clou de cette galerie. Le squelette atteindra presque 20 m (65 pi) de longueur! Quelle expérience de se tenir au pied d’un tel géant. J’ai hâte de voir cela.

A. McDonald
L’arrivée d’un spécimen de ce gabarit requiert beaucoup de travail. Les techniciens ont coutume de baptiser le nouveau venu, c’est une tradition dans le milieu des Musées. Notre rorqual bleu s’appelle Tallulah. Personne ne sait d’où lui vient ce nom, mais il est là et restera.
J’ai pensé vous raconter l’histoire de Tallulah, d’où elle vient et comment elle a atterri au Musée. Voici l’histoire officielle :
Cette baleine s’est échouée sur la plage de Codroy, près du cap Anguille, à Terre-Neuve. Un marché a été passé pour qu’elle y soit dépecée du 22 avril au 10 mai 1975. Il s’agissait d’une femelle non adulte.
Le squelette est arrivé à Ottawa par train avec tout le reste du matériel. Les os encore huileux ont été déchargés à l’édifice de la rue Catherine du Musée national des sciences naturelles (MNSN) et le wagon de bois, brûlé par la compagnie ferroviaire aux frais du MNSN.
Les baleines contiennent énormément de gras et quand l’animal meurt cette graisse se met à rancir. Si vous avez déjà senti du gras rance, vous savez ce que c’est! Mais le pire, c’est que cette odeur nauséabonde ne s’en va pas! Je préfère ne pas imaginer la puanteur qui a dû se dégager de ce wagon en flamme.
Le personnel s’est vite rendu compte qu’il fallait agir rapidement et il fut décidé d’ensevelir les restes au plus vite dans une pépinière de la CCN sur la route Russell dans un sol sablo-argileux, où ils sont demeurés pendant huit ans.
Pour que les bactéries du sol puissent faire leur travail, certaines conditions doivent être respectées. Mais d’après ce que j’ai compris, l’endroit où Tallulah a été enterrée ne remplissait pas ces conditions. En effet, lorsqu’on a déterré le squelette, beaucoup d’huile et de gras subsistait sur les os. La puanteur n’avait pas disparu! Si nous voulions un jour exposer le squelette, il nous fallait trouver un moyen de le nettoyer
Lors de la phase de préparation de la Galerie de l’eau, on a reconnu que (…) le squelette du rorqual bleu n’était pas en état d’être présenté au public. Pour déshuiler le squelette à moindre frais tout en répondant aux normes de sécurité et à celles du SIMDUT, il fallait vraisemblablement recourir à un bain aux enzymes. Le squelette se trouve actuellement dans deux réservoirs, l’un de1000 litres et l’autre de 6000 litres; il baigne dans un nettoyant commercial à enzymes et des enzymes pancréatiques (lipases) ou est aspergé de ces liquides. Il y restera à la température de 50-55 degrés Celsius pendant plusieurs mois. C’est la quatrième baleine à subir ce traitement après deux à Londres et une à Copenhague. (Dans le cas qui nous occupe) la difficulté est plus grande puisque la baleine est plus volumineuse (trois fois la taille des autres) avec une longueur de 19,8 mètres et un poids de 2,3 tonnes et que l’huile date maintenant de 32 ans. D’autres musées d’histoire naturelle suivent avec intérêt notre projet et ses éventuelles applications.

A. McDonald
Tallulah est maintenant submergée dans d’immenses bains d’enzymes qui décomposent les huiles et nettoieront parfaitement les os en vue de l’exposition du squelette. Surveillez les faits nouveaux qui seront affichés!

A. McDonald
La pièce maîtresse de la nouvelle galerie permanente sur l’eau sera un squelette entièrement articulé de rorqual bleu. Toutefois, l’exposition d’un tel spécimen présente plusieurs difficultés, en plus de celle, évidente, posée par sa taille. Le spécimen que nous préparons n’est pas complet, mais nous ignorons encore quelles sont les pièces manquantes. Il existe une très grande variabilité dans le nombre d’os de la colonne vertébrale et des nageoires. Ce nombre varie selon les baleines. Les techniciens et les chercheurs doivent donc coopérer pour se faire une idée de la façon dont ce squelette doit être monté. Après beaucoup de recherches et de consultations, il a été possible de concevoir un modèle puis de le scanner en trois dimensions. Cette image a été placée dans la galerie dans un rendu en trois dimensions. Les techniciens et les chercheurs ont ensuite tenté de trouver les poses et les emplacements qui conviennent grâce à l’ordinateur. Les techniciens sont actuellement en train de reconstituer les pièces manquantes afin que le squelette puisse être monté et exposé.

A.McDonald
Clayton Kennedy explique comment il procède.
C’est assez simple. On colle le carton qu’on a au préalable découpé et mis en forme. Une fois que c’est sec, on sculpte et refaçonne avec un couteau aiguisé, puis on couvre de bandelettes de papier trempées dans de la colle APV diluée dans de l’eau. On attend que le modèle sèche puis on le sable et on le peint. C’est une méthode rapide et peu coûteuse préférable à l’utilisation dangereuse et onéreuse des résines.

A.McDonald
La plupart des squelettes exposés dans les musées comportent des éléments reconstitués qui viennent remplir les vides. Lors d’une prochaine visite, regardez les squelettes de plus près pour détecter les pièces reconstituées.









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